RESTRUCTURATION DE LA FILIERE LAIT A MADAGASCAR

Les intervenants à la conférence sur la filière lait : Mira RAKOTONDRADRIA, Directrice exécutive de Malagasy Dairy Board (MDB) et Isabelle DROY de institut de Recherche pour le Développement (IRD)
Les intervenants à la conférence sur la filière lait : à droite, Mira RAKOTONDRANDRIA, Directrice exécutive de Malagasy Dairy Board (MDB) et Isabelle DROY del’ institut de Recherche pour le Développement (IRD)

 

Antananarivo, 21 novembre (ANTA) : La politique nationale laitière est basée sur la contribution à la réduction de la pauvreté par la diversification des activités génératrices de revenu avec l’élevage laitier et à l’amélioration du régime alimentaire par l’augmentation de la consommation de produits laitiers.
Cette politique a encore réitéré par Mira RAKOTONDRANDRIA, Directrice exécutive de Malagasy Dairy Board (MDB), lors d’une conférence intitulée « la restructuration de la filière lait à Madagascar » organisée par l’Institut International de Sciences Sociales (IISS) sis à Tsiadana Antananarivo.
En effet d’après son intervention, Madagascar dispose des potentialités dans cette filière lait en l’occurrence la présence des sociétés privées intégrantes même si la plupart sont de petits formels.
De plus, des opportunités sont ouvertes aux malgaches par l’existence de structures d’appui caractérisées par du projet/programme et du marché potentiel au niveau national et dans les pays  de la COI (Commission de l’Océan Indien), COMESA.
Et ce malgré les menaces détectées encore par ce premier responsable de MDB dont la mission consiste  à  promouvoir la coordination et le développement  de   filière laitière à Madagascar. Parmi ces menaces figurent la forte concurrence avec les produits dérivés importés comme le poudre de lait (30 000 000 litres/an), la production nationale très insuffisante et le niveau de consommation de lait très faible.
En effet, d’après les statistiques, Madagascar ne produit qu’environ 100 000 000 litres de lait par an  et la consommation  n’atteint que 5kg per capita alors que la moyenne en Afrique est de 20kg per capita et en France 200 kg per capita.

Dynamique des jeunes aux débats
Dynamique des jeunes aux débats

Cette situation est due surtout par la mauvaise qualité de lait malgache caractérisée par le non respect des normes  en l’occurrence  l’inexistence des chaînes froides et la dégradation des infrastructures (routes,…).
Cet effondrement de filière lait a été repéré  après la fermeture de l’usine TIKO en 2009, opérant  dans la région de Vakinankaratra, cœur du triangle laitier et la baisse des activités de la FIFAMANOR (Fiompiana Fambolena Malagasy Norveziana)
C’est sur cet angle que Madame Isabelle DROY de l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) a orienté son intervention à cette conférence sur le thème « la résilience des producteurs laitiers du Vakinankaratra suite à la crise de 2009 ».
Elle a indiqué qu’un paysan résilient  pourrait être identifié grâce  à l’abandon  du monopole qui a offert de nouvelles opportunités pour les producteurs périurbains, les commerçants, les fonctionnaires.
La restructuration de la filière lait à Madagascar se fait au niveau de production et de recherche, d’une part,  par prendre des mesures appropriées pour augmenter l’offre en vaches laitières sélectionnées et d’autre part,  développer et vulgariser des systèmes à la portée du paysan éleveur lui permettant d’améliorer l’alimentation de son cheptel.
En outre, augmenter la capacité technique de l’éleveur, augmenter la consommation, améliorer la couverture sanitaire, intensifier les cultures fourragères et prendre des mesures de protection environnementale sont des facteurs pour la dynamisation du secteur laitier.
L’objectif est « que le lait soit une vie et un revenu pour tous.