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Le président de l’Assemblée Nationale a donné le coup d’envoi de la première session ordinaire 2017

Le président de l’Assemblée Nationale a donné le coup d’envoi de la première session ordinaire 2017

Antananarivo, 03 mai (ANTA) : « L’apaisement et la réconciliation malagasy ne sont plus une simple nécessité mais devenus  une étape obligatoire si Madagascar veut vraiment emprunter le chemin du développement et combattre la pauvreté ».Tel est le message commun des deux chefs d’institutions parlementaires malagasy, Jean Max Rakotomamonjy, Président de l’Assemblée Nationale et de Honoré Rakotomanana, Président du Senat. Les deux ont voulu se placer dans le rôle du «Raiamandreny» face aux contextes et conjonctures qui prévalent à Madagascar lors de l’ouverture officielle de la première session des deux chambres tenue ce jour à Tsimbazaza et à Anosy.

Une vue des députés présents à l’ouverture officielle de la première session de l’Assemblée Nationale  pour cette année 2017

Une vue des députés présents à l’ouverture officielle de la première session de l’Assemblée Nationale pour cette année 2017

Les deux chefs d’institutions exhortent à ce que l’exécutif et les parlementaires travaillent dans la solidarité sans oublier leurs prérogatives respectives pour le compte du peuple car le peuple attend des dirigeants des impacts et des résultats réels.
Dans leurs discours respectifs, les deux Présidents ont dressé une liste des priorités dont le parlement et l’exécutif doivent concentrer leur effort à court et moyen terme au lieu de se chamailler dans la politique non productive.
Liste qui se résume en quelques points dont la maitrise de l’inflation et du hausse du coût de la vie ; d’appuyer les efforts sur le plan social en matière de santé et d’éducation mais surtout accorder plus de considération aux catégories des « très pauvres ». Sur ce point, le président Jean Max Rakotomamonjy propose d’ores et déjà à inclure dans l’ordre du jour, durant cette session, un projet de loi visant à mettre en place un filet de sécurité social à l’endroit des plus défavorisés.

Quelques membres du Bureau permanent de du Senat conduits par son Président Honoré Rakotomanana (au centre)

Quelques membres du Bureau permanent de du Senat conduits par son Président Honoré Rakotomanana (au centre)

Dans la rubrique société, les deux chefs d’institutions lance un vibrant appel concernant la pratique de vindicte populaire qui gagne du terrain et qu’ils qualifient d’inhumain et d’horreur indigne des malagasy.
C’est dans ces perspectives que la réconciliation est devenue une étape incontournable selon les deux présidents et que le patriotisme, la sagesse, le bon sens et la coutume sacro-sainte qui est le « fihavanana malagasy » trouvent leur place.
Et en matière de développement, les présidents des deux chambres sollicitent à ce que la dotation du Fond de développement Local (FDL) soit bien effective  et octroyée en temps réel. Toutefois, Honoré Rakotomanana de prévenir les responsables des collectivités décentralisées  sur la bonne gouvernance de ces FDL, indispensables pour les investissements. Et Jean Max Rakotomamonjy de solliciter  une augmentation de ce fond alloué aux districts car le FDL est, selon lui, la matérialisation de la décentralisation effective.
Au peuple de juger et de constater les réalisations.
Plusieurs efforts ont été déployés par l’exécutif selon  les deux présidents des institutions notamment en matière d’infrastructures, d’aménagement, de la population, de la sécurité, du social ; et plusieurs routes ont été inaugurées.  Mais le peuple est en droit de constater que les impacts ne sont pas très visibles. « C’est au peuple de se prononcer si oui ou non des réalisations ont été faites mais il appartient au parlement d’interpeller l’exécutif du bien-fondé de son programme. »
Cas des sénateurs Lyllison Rolland de René et de Riana Andriamandavy VII
Le président Honoré Rakotomanana a accordé une large allocution sur le cas des deux sénateurs qui ont fait l’objet de controverse ces derniers temps. Dans le respect du principe de séparation des pouvoirs, le Président du Senat s’en remet à la bonne appréciation de la justice des lois en vigueurs régissant les parlementaires sans qu’il y ait interférence de part et d’autres.
« Je fais confiance à la justice, mais souhaite toutefois que les procureurs fassent la nuance entre ce que la justice légale et la justice judiciaire ». La justice légale qui se repose essentiellement sur les textes mais la justice judiciaire de discerner entre ce qui est écrit et ce qui est légitime selon un cas défini ; a fait remarquer  cet illustre homme des lois. Pour lui, si un dossier est  déposé devant la commission concernant le sénateur Riana Andriamandavy VII, alors la commission doit travailler en toute indépendance avec les enquêteurs, les juges et les procureurs.
Le président de préciser que si Procureur général fait valoir l’article 134 de la constitution, régissant le statut des sénateurs qui stipule que : « les membres des institutions parlementaires sont justiciables des juridictions de droit commun pour les infractions commises hors de l’exercice de leur fonction, l’initiative des poursuites émane du Procureur général près la cour de cassation », c’est tout à fait en accord avec la loi. A lui d’ajouter que plusieurs lois entrent en jeu dont il faut bien discerner et considérer comme l’article 147 et l’article 206 concernant la levée de l’immunité parlementaire en cas de flagrant délit.

Une vue des sénateurs présents au Palais de verre Anosy Antananarivo

Une vue des sénateurs présents au Palais de verre Anosy Antananarivo

Concernant le sénateur Lyllison Rolland de René, l’opposition effectuée par l’avocat de ce dernier est déjà entre la main de la justice, à elle de se prononcer sur son compte sans toute forme d’ingérence du sénat.
Concernant la session parlementaire proprement dit, qui durera soixante jours à compter de 03 mai, pour l’Assemblée Nationale, la conférence des présidents et les présidents de commissions tiendront une réunion le 04 mai pour définir les ordres du jour durant la durée de la session. Cependant, trois projets de lois en suspens  de la dernière session sont reconduits automatiquement dans l’ordre du jour. D’ores et déjà, la commission sécurité aura à se pencher sur le projet de réforme du secteur sécurité qui devra débuter dès le lendemain de l’ouverture selon Jean Max Rakotomamonjy.
A noter que 31 projets de lois ont été votés et définitivement adoptés au niveau des deux chambres lors de la dernière session de l’année 2016.