OBSERVATOIRE SAFIDY : LE FAIBLE TAUX DE PARTICIPATION REFLETE UNE PERTE DE CONFIANCE DES CITOYENS ENVERS L’ASSEMBLEE NATIONALE

Antananarivo, 12 juillet (ANTA) : Le faible taux de participation dégagé par les législatives du 27 mai dernier constitue selon SAFIDY une « faible base électorale des élus et susceptible de remettre en cause leur légitimité, si leur élection est toutefois acceptée légalement ». Cette faiblesse de la participation reflète une perte de confiance des citoyens envers l’Assemblée Nationale, en tant qu’institution, mais également une mauvaise image des députés en tant que parlementaire et législateur. Cela constitue, selon SAFIDY, un signal fort au retour de recevabilité telle qu’il a été consigné dans la charte de « TOKY NOMENA » ou parole donnée.Trois défis ont été prescrits par l’ensemble des organisations de la société civile (OSC) en matière d’élection à Madagascar. Afin d’arborer l’expression « élection fiable et acceptée par tous », il faut au moins selon les OSC que les électeurs votent massivement, sachent voter et enfin sachent défendre leur choix.
Ces trois critères sont encore loin d’être atteints. L’opacité des lois et textes en vigueur, le manque d’information et de connaissance en matière d’enjeu électoral et le manque de transparence en matière de contentieux électoraux constituent dans l’ensemble une grande lacune, selon le décryptage du rapport d’observation de SAFIDY.
Les chiffres parlent d’eux même; SAFIDY a noté que si on se réfère au taux de participation et au nombre de voix obtenu, sur les 151 députés élus, 110 (73%) toutes tendances confondues, sont élus avec un taux de participation réel inférieur à 20%.
20% vont siéger à l’Assemblée Nationale grâce à un taux de participation situé entre 20% et 30% – 8, soit 5% seulement sont élus avec un taux situé entre 30% à 40% – et un seul député a été élu avec un taux de participation réel supérieur à 50% ou plus exactement à 55,21%.
Précampagne biaisée, vote acheté.
Les politiciens profitent du vide juridique et de la méconnaissance des citoyens, mais surtout du manque d’information concernant chaque candidat ; au lieu de faire le choix selon un ou des projets de société, les électeurs semblent faire seulement leur choix sur l’individu lui-même.
Durant la précampagne, il a été noté que les candidats, au lieu de glorifier leur vision, ont surtout distribué, à titre de don, dissimulé subtilement par l’expression « action sociale », des biens. Ceci constitue déjà, selon SAFIDY, une forme d’achat de vote, précisément un vote avec contrepartie, car la population souffre dans l’ensemble de la pauvreté ambiante.
Des propositions de correction ont été soumises par l’Observatoire SAFIDY aux décideurs étatiques afin d’améliorer cette situation de précarité. Les responsables de SAFIDY espèrent du moins qu’avant les élections communales, ces lacunes seront désormais remédiées.