NOUVELLE LOI STATISTIQUE : EN PASSE D’ÊTRE MISE EN OEUVRE

Antananarivo, 22 juillet (ANTA) : Une nouvelle étape vient d’être passée dans la mise en œuvre de la nouvelle loi sur la statistique qui a été adoptée au niveau de l’Assemblée nationale en avril 2018. Avant la promulgation de son décret d’application, les responsables de l‘INSTAT ont initié un atelier de sensibilisation et d’information le 19 juillet, auprès des responsables ministériels malagasy, sur les enjeux d’une nouvelle loi régissant les activités statistiques.De nouvelles directives sont prescrites dans la nouvelle loi statistique ; aucune entité, qu’elle soit publique ou privée n’a plus le droit de mener des activités ou des travaux statistiques qu’ils soient des études socio-économiques ou des collectes de données, sans avoir au préalable obtenu un visa auprès de l’Institut National de la Statistique malagasy (INSTAT).
Également, il a été prévu dans la réforme, la révision, ou plus précisément, le renforcement du système statistique qui vise a doté à l’INSTAT une structure plus performante capable de financer à cet organisme le fonds nécessaire afin qu’il puisse fournir à temps des indicateurs utiles dans le suivi et évaluation des activités de développement national.
La nouvelle loi s’articule alors sur deux axes majeurs ; impérativité à la coordination et à la centralisation des prérogatives liés aux activités et travaux statistiques. Auparavant, dû à l’opacité de l’ancienne loi mise en vigueur depuis 1967, tout le monde a eu accès à cette activité d’enquête des faits réels alors que des restrictions et des modalités devraient être scrupuleusement suivies afin de fournir des données cohérentes, fiables et exploitables sur le plan national et international.
Une méthodologie précise respectant un norme et standard international devrait pourtant être respectée. L’INSTAT veille alors à faire respecter ces modalités et ces normes, d’où la nécessité d’un visa au préalable.
Lacune au niveau des financements
Tous travaux et activités statistiques requièrent nécessairement des financements adéquats. Jusqu’à ce jour. Madagascar a toujours eu recours aux bailleurs extérieurs. Cette dépendance n’est pourtant pas favorable aux missions de l’INSTAT qui est de fournir périodiquement des données chiffrées basées sur des faits utiles à la planification de la politique socio-économique et culturelle nécessaire au développement.
Il a été alors inscrit dans la nouvelle loi, la mise en place d’un système de financement autonome dénommé, Fonds de Développement de la Statistique (FDS). Une enquête ou un dénombrement requiert une logistique performante ; le pays qui en a le financement nécessaire est un pays qui a une vision.
En Afrique, le Sénégal, l’Afrique du Sud, le Mali, les organismes de la statistique de ces pays ont déjà leur propre source d’accès financier. Ces derniers temps, ils ont été capables de mener à bien et périodiquement leur recensement général de la population ainsi que leur enquête sur la pauvreté sans qu’ils aient recours à la demande de financement auprès des bailleurs.
Ce qui fait que la mise en œuvre et le décret d’application de la nouvelle loi sur la statistique malagasy constituent un enjeu majeur sinon capital étant donné le contexte national où Madagascar est en passe de réaliser son Plan d’Émergence.