NOTE DE CONJONCTURE ECONOMIQUE MALAGASY : CROISSANCE SOUTENUE EN 2018 SELON LES ETUDES DE LA BANQUE MONDIALE.

Antananarivo, 12 avril (ANTA) : « La croissance de l’économie malagasy est restée forte en 2018 affichant un taux de 5.2% et se situant au-dessus de la moyenne régionale et mondiale ». Tel est le terme utilisé par la Banque Mondiale dans son communiqué à l’issue des études dites « Note de conjoncture économique de Madagascar » menée tous les ans afin d’évaluer la situation économique nationale et se basant sur des données et indicateurs d’enquêtes antérieures à ne citer que la dernière enquête nationale sur le suivi des OMD en 2012 et 2013.Toujours est –il, les études utilisent des référentiels plus récents découlant des indicateurs de proximité. Il en découle alors que cette croissance a été surtout tirée d’une combinaison de plusieurs situations macroéconomique favorable et qui a surtout favorisé le secteur agricole et le secteur privé.
La solidité de la croissance de 2018 résulte donc, d’abord d’une condition météorologique favorable, ce qui a permis à la production rizicole nationale de montrer une constante évolution.
Le secteur privé n’est pas en reste, notamment la bonne performance du secteur tertiaire, principal moteur de croissance suivi des exportations de divers produits phares exportables, notamment la vanille.
Eu égard à ces conditions favorables, le taux d’échange commercial malagasy s’est montré dans une constante évolution positive permettant à la Banky Foiben’i Madagascar d’accumuler une réserve de devises assurant une autonomie de près de quatre mois d’exportation.
Bonne gouvernance.
Le volet « bonne gouvernance » n’est pas en reste dans cette bonne appréciation de la BM. Selon toujours les études, une prudence certaine dans la gestion des finances publiques par la maitrise des dépenses publiques et l’augmentation de la recette fiscale, notamment douanière a permis de contenir le déficit budgétaire malagasy.
Perspectives de 2019tributaire du secteur énergie
Selon la conclusion de la BM, les perspectives de 2019 devraient rester à moyen terme dans une logique de croissance positive si le climat de sérénité macroéconomique précédente se renouvelle et si les réformes et les performances acquises sont soutenues.
« Le principal défi reste que cette croissance doit profiter à une plus large population pour que Madagascar puisse avancer sur la voie de la réduction de la pauvreté ». En d’autrestermes, le problème de l’accès optimal à l’énergie demeure le principal facteur de croissance économique par habitant.

Les subventions récurrentes du carburant effectuées chaque année par l’Etat ne sont pas profitables à toute la population et demeurent favorable à une certaine couche sociale ; ceux qui en bénéficient de cette avantage sont seulement ceux qui peuvent acheter l’essence et le Gaz-oil marginalisant ainsi les consommateurs du pétrole lampant.
La BM recommande ainsi à l’Etat malagasy de continuer dans la voie d’abandon des subventions pétrolières et de transposer à la place cette énorme dépense (255 milliards d’ariary) au profit d’investissements sociaux.
Investissement innovant et structurant.
Il est temps pour Madagascar de s’acheminer dans de vraies investissements innovants et structurants afin « d’accroitre l’accès à une énergie fiable, durable et abordable, au crédit et aux infrastructures (…) », selon la conclusion de la représentante de la BM à Madagascar, Coralie Gevers.
Il a été pertinemment rappelé par un expert en énergie de la BM, que la dernière performance énergétique malagasy remonte d’il y a 10 ans ; période sur laquelle le pays a encore pu délivrer 65% de l’énergie grâce à la production hydro-électrique.
Depuis aucune planification n’a pu être effectuée, alors que les conditions d’investissement sont remplies (augmentation des utilisateurs, vieillissement des infrastructures de production, de transport et de distribution) entrainant le pays dans une spirale sinistre dépendant du secteur privé qui ne cherche que leur profit au dépend d’un contrat de gré à gré abandonnant toute chance de transparence et de concurrence.