LECTURE DU PROGRAMME DU GOUVERNEMENT (PGE) AU PARLEMENT : ÉCHANGES ET DÉBATS AU RENDEZ-VOUS POUR LE SÉNAT.

Antananarivo, 06 février (ANTA) : En deux jours successifs, la lecture et l‘appropriation du Programme Générale de l’État (PGE) par le Premier Ministre Ntsay Christian a été enfin accompli au niveau du parlement malagasy. Si les sénateurs ont émis des remarques et des suggestions constructives relatives au PGE proprement dit, les députés, quant à eux, étaient carrément à côté de la plaque en focalisant leurs interventions dans des requêtes intempestives des besoins de leur district respectif d’où ils étaient élus. Dans la foulée, la loi donnant le pouvoir de légiférer par voie d’ordonnance au Président Andry Rajoelina a été adoptée sans modification ni amendement au niveau des deux chambres.Résumé dans un document de sept pages, les points importants et essentiels reflétant l’esprit de la vision IEM ont été énumérés et synthétisés dans le PGE. Le document lui-même a été divisé en cinq volets pour une compréhension facile du public. Il s’agit alors pour le régime nouvellement mis en place démocratiquement d’accomplir un énorme défi sur le plan « Administration et bonne gouvernance ; sécurité et paix sociale ; économie et développement ; gestion durable et la conservation des ressources naturelles ainsi que le volet socio-culturel».
Durant près de cinq heures d’échanges avec les sénateurs, le Premier Ministre Ntsay a clairement démontré qu’il maîtrise bien l’esprit de l’IEM décliné en Programme gouvernemental durant les cinq années à venir. « Le PGE est certes synthétique, mais offre une compréhension globale de l’IEM de manière holistique (…) ».
Combinaison des priorités, urgences, vison à moyen terme et résultat rapide.
D’une manière générale, le PGE est une version laborieusement subtile du discours du Président Andry Rajoelina durant sa prestation de serment. Il s’agit pour l’exécutif de mettre en œuvre, en cinq ans, une politique efficace tendant à modifier de manière consécutive le bien-être de la population malagasy en apportant rapidement un changement visible et palpable selon les promesses présidentielles durant sa propagande.
En matière de lutte contre l’insécurité, y figure comme priorité du programme la cessation immédiate de l’exportation de viande de bovidés afin de réduire les vols de zébu, et le redéploiement des éléments des forces de sécurité en Forces d’Intervention Spéciales (FIS) de proximité, car chaque zone rouge y sera dotée de cette FIS nouvelle version. Chose nouvelle qualifiée de découverte, le nouveau régime est jusqu’ici le seul à avoir annoncé la construction d’une nouvelle prison.
Également, comme le Président l’avait promis, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance et le retour d’une justice sereine sera incontournable dans le programme de son gouvernement. Pour cela, l’E-gouvernance est primordial afin de réduire l’influence néfaste des différents types « d’interventions » où toutes sortes de complaisances avec les « connaissances » fortement ancrées dans l’esprit des malagasy qui est devenu coutumière.
En matière d’infrastructures, le Tanamasoandro vaovao, ou la construction de nouvelle ville sera accompli au niveau des provinces. Celle d’Antananarivo ville débutera cette année même selon le programme et à ce titre, 50.000 nouveaux logements seront construits dans tout Madagascar en cinq ans.
Six routes nationales jugées stratégiques causant de véritables souffrances et entraînant un frein consécutif en matière d’économie locale et nationale recevront au moins une réfection partielle, sinon une réhabilitation conséquente pour être à nouveau carrossable. De ce fait, à la fois parallèle et transversale, l’augmentation en 100.000 ha des surfaces rizicoles cultivables sera en même temps accomplis pour atteindre l’objectif d’autosuffisance alimentaire étant donné que la principale difficulté en matière de voie de communication sera désormais résolue.
Annoncé également comme point important voulue par l’Émergence, l’attribution et la distribution équitable d’énergie au profit d’un plus grand large de population. Avec les nouveaux 40 MGW d’électricité produite grâce à un centre de production hybride, les bénéficiaires d’électricité seront doublées ; accompagnant ainsi la vision du régime dans la mise en place d’une unité de transformation industrielle au niveau provincial, qui est également mécanisme pourvoyeur de nouvel emploi.
En matière de gestion durable et protection de l’environnement, le gouvernement n’a accordé qu’un bref paragraphe en ce sens et a platoniquement annoncé la reforestation de près de 40.000 ha sans dévoiler plus de détails. Même politique sur le plan social, une reprise de l’ancienne politique favorisant la santé maternelle, les enfants de moins de cinq ans ainsi que les personnes âgées semble être reprises par le nouveau régime avec comme nuance, l’augmentation du budget du secteur santé.
Quid du financement et de la politique de mise en œuvre
Le volet financement figure parmi les points soulevés par différents parlementaires mordus de l’économie et de la finance. Selon le programme défini par le gouvernement, le financement propre par la valorisation des ressources minières et stratégiques sera priorisé sans que le partenariat étranger et l’appel aux investisseurs soient lésés. Une révision obligatoire de la Loi des Finances déjà adoptée antérieurement a été annoncée par le chef du gouvernement.
Quant au plan de mise en œuvre (PMO) d’un tel vaste programme, un mécanisme dit « stratégie nationale pour le développement », une sorte de nouvelle version du PMO/PND de l’ancien régime, sera bientôt mis en place. Ce mécanisme sera chargé de collecter les recommandations et les suggestions des différents techniciens et experts sans que de plus amples détails n’aient été communiqués par le Premier Ministre Ntsay Christian.