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02Antananarivo, 25 septembre (ANTA) : Le Président de la République Hery Rajaonarimampianina a été interviewé par la Radio ONU-INFO ce 21 septembre dernier à New York lors de la 72ème Assemblée Générale des Nations Unies ;
« Madagascar a connu une évolution positive dans différents domaines »Après sa participation aux débats de la 72ème Assemblée Générale des Nations Unies, le Président Hery Rajaonarimampianaina a été l’invité de la Radio Onu Info, ce 21 septembre, pour parler des grands sujets, d’ordre national ou au niveau mondial.
Radio Onu Info : Lorsque vous avez passé à la tribune de l’ONU, vous avez affirmé que Madagascar a franchi un cap, alors qu’on sait qu’en 2014, 92% des malgaches étaient dans l’insécurité alimentaire… Comment se porte Madagascar aujourd’hui ? Est-ce que les investissements dans les divers secteurs ont porté leurs fruits, et pour le citoyen moyen ?
PRM : Effectivement, je disais hier qu’on a franchi le cap, on a avancé. On a amélioré des performances dans divers domaines, notamment dans cette lutte contre la pauvreté qui est l’objectif fondamental de ma vision. Beaucoup ont été faits en matière d’investissement, que ce soit dans le domaine social, c’est-à-dire l’éducation et la santé, et ou dans le domaine économique. On a construit des infrastructures, on a créé des emplois à travers ces différents travaux ; mais nous nous sommes aussi concentrés sur un grand secteur qui est l’agriculture. L’Etat a apporté des infrastructures de base comme les barrages hydro-agricoles, les routes, tout cela pour pouvoir améliorer la productivité agricole avec de nouvelles techniques et technologies, des apports de semences et de fertilisants. Dans différents domaines, le pays a connu une évolution positive.
Radio Onu info: Il a aussi été question du lancement d’un pacte mondial sur l’environnement. On sait que Madagascar regorge de ressources, quelle importance a ce pacte pour Madagascar ?
PRM : Madagascar est victime, tous les ans, de phénomènes climatiques habituels : les tempêtes tropicales. Mais, au-delà de ces phénomènes, on sent et on voit l’impact du changement climatique. Il y a des effets pervers. On assiste maintenant à la sécheresse dans certaines régions, et à des inondations dans d’autres. L’idée de ce pacte mondial est très importante dans la mesure aussi où Madagascar a déjà adhéré, à la COP 21, à cette grande détermination de tous les pays de résoudre, de participer à la résolution de ces problèmes climatiques. Le Président français Emmanuel Macron a engagé une très belle initiative et nous souscrivons à cette démarche.
Radio Onu info: Pendant ce débat général, vous aviez porté plusieurs chapeaux, notamment vous présidez aussi la COMESA et la Francophonie. Or on a entendu des propos qui prônaient le nationalisme, l’Etat fort, les intérêts nationaux d’abord et en opposition avec le multilatéralisme. Quelle est votre réaction ?
PRM : L’un n’empêche pas l’autre. La Francophonie est tout d’abord une grande plateforme, un grand espace de solidarité et de partage ; cela n’empêche pas effectivement que, dans certains pays, il y a des replis identitaires, des replis sur le plan économique et social. Je pense que le plus important c’est de prendre tous ces problèmes à bras le corps, dans le cadre de ce grand espace de solidarité, et pouvoir apporter déjà des réponses. Je suis convaincu que la Francophonie est une réponse à tous ces problèmes devenus mondiaux aujourd’hui. Quelle que soit la dimension de ces problèmes dans chaque pays, je crois qu’il y a une façon globale aussi d’appréhender ces problèmes, de les partager, et de les résoudre, je pense notamment aux problèmes de paix, d’insécurité, aux problèmes de la jeunesse. Il est aujourd’hui très important d’en débattre dans un espace fraternel.
Radio Onu info: L’utilité et l’efficacité de l’ONU ont aussi été remises en question à la tribune. Quel est le point de vue de Madagascar ?
PRM : L’ONU est une grande organisation à qui les pays membres ont donné des tâches difficiles. Quand on parle de la paix, de la famine, ou du problème de migration, ce sont des tâches difficiles. Là où justement des observations et des critiques ont été faites, c’est que ce rôle ne semble pas être mené de manière pragmatique et plus appropriée. Mais je sais, en regardant ce que fait l’ONU, qu’il y a déjà des efforts d’adapter les méthodes de travail, d’intervention selon les situations. Les situations dans le monde aujourd’hui sont devenues très complexes, il faut de la flexibilité de la part de l’ONU pour s’adapter à ces diverses situations.
Radio Onu info : En tant qu’effort de paix et de sécurité, est-ce que l’expérience malgache avec l’ONU est positive ?
PRM : Oui, car l’ONU nous appuie. Par exemple en nous accordant un fond dans le cadre de la consolidation de la paix. Ce fond nous a permis de travailler sur la gouvernance, sur la sécurité. Nous avons mis en place la Réforme du Secteur de la Sécurité, ça permet de consolider la paix au niveau interne, au niveau local, et c’est vraiment important. Ce fond nous a aussi permis de mener des actions dans le grand Sud qui est victime de la sécheresse et de la pauvreté par rapport à d’autres régions. Je crois que tout cela est bien important, et démontre les actions positives de l’ONU dans le cadre de mon pays.
Radio Onu info : Vous avez évoqué l’approche des élections en 2018. La Grande Île est-elle prête pour ces élections ?
PRM : Bien évidemment, il faut qu’on soit prêt. Les élections sont déjà bien déterminées pour se tenir en 2018. C’est vrai qu’il y des problèmes à résoudre, quand on parle de processus électoral ; il y toujours des risques qui sont présents ; mais je pense que nous sommes en train de prendre cela à bras le corps ; On pourra bien avancer dans le processus. Moi j’étais issu d’une élection crédible, inclusive et transparente, il n’y a pas de raison que je ne défende pas le même processus pour les élections à venir.