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Antananarivo, 02 mars (ANTA) : Après s’être soumis volontairement dans le mécanisme d’évaluation internationale de la transparence budgétaire intitulé Indice Budgétaire Ouvert (IBO), Madagascar a franchi une étape cruciale dans la mise en œuvre de la bonne gouvernance. Le choix de la transparence dans la gestion financière du budget public est un processus incontournable et incontestable et constitue un signal fort dans la volonté de redevabilité auprès des citoyens et des bailleurs.Au cours de l’atelier d’évaluation du lancement officiel des résultats d’enquête de l’évaluation « Indice Budgétaire Ouvert »2017 initié par MSIS Tatao et en partenariat avec plusieurs entités techniques et financières, trois évidences bien distinctes ont été dévoilées.
L’une concerne la mesure du niveau de transparence de l’Etat malagasy dans la délivrance, la production et la publication des informations sur le processus budgétaire. Ainsi, après évaluation des indicateurs produits, Madagascar a atteint le score de 34 sur 100 d’indice de transparence budgétaire.
Score encore relativement faible selon l’éclairage du Directeur Exécutif de MSIS Tatao, Andriamoraniaina Harijaona mais évoque un grand pas dans l’engagement de l’Administration dans sa volonté à rendre effective la bonne gouvernance.
Les représentants de diverses entités et bailleurs présents à la cérémonie se sont rangées également dans ce même ordre d’idée. A l’instar de l’assistant technique auprès de l’Union européenne, Jean Philippe Duvert d’évoquer que « l’engagement de Madagascar est plutôt encourageant en privilégiant la transparence comme moteur de développement ».
Toujours en matière de score, Madagascar n’a pu dégager que 09 sur 100 de niveau de transparence dans la mise en place d’une opportunité auprès du public dans le processus budgétaire. Il s’agit ici d’offrir au public une espace pour s’imprégner et s’approprier du processus d’élaboration et d’adoption du budget public, des tenants et aboutissants des budgets ministériels.
En matière d’illustration, tous les participants ont été unanimes sur le fait que c’est encore désolant de constater que les Lois de Finances soient votées et adoptées auprès des Parlements en une seule demi-journée sans avoir subi aucun débat ni échange alors que l’adoption se fait en séance plénière et diffusée en direct sur les chaines nationales.
Toutefois, même avec un score encore perfectible en matière de contrôle financier, 28 sur 100, les évaluateurs ont félicité l’organe supérieur de contrôle financier malagasy, tel que la Cour des Comptes, qui a manifesté d’énorme efforts dans la réduction de la durée de publication des rapports sur l’utilisation du budget public.
Lacunes, mesures et recommandations.
Selon les constats dégagés par MSIS Tatao, les lacunes se situent notamment dans la capacité, la manière et les procédures de délivrance des documents d’informations concernant les finances publique car l’évaluation se fait sur la base de documents délivrés, de manière exhaustive, par l’Administration elle-même.
A la fois fastidieux et lourd, les documents sont mal produits et mal élaborés rendant leurs décryptages trop harassants. Les normes exigent pourtant la production documentaire de manière simple, concise et facilement exploitable «les documents qui nous est parvenus comptent parfois plusieurs centaines de pages, avec des chiffres parfois surabondants dissimulant l’essentiel».
Jean Philippe Duvert d’aller plus loin en déclarant qu’on ne sait plus si c’est volontaire ou involontaire, « c’est difficile de donner une appréciation exacte car plusieurs facteurs entrent en ligne de compte ».
En matière de mesures et recommandations, les participants à l’atelier de renforcer leur requête sur la mise à jour et/ou la mise en ligne des informations afin de les rendre plus accessible au public car au final, la redevabilité est surtout pour le public et l’objectif étant de faire la promotion de la transparence budgétaire afin d’instaurer et favoriser une situation de confiance entre les citoyens et les institutions.
Objectif subsidiaire.
Par son objectif principal, qui est de rendre transparente le processus budgétaire, s’inscrit également, et non moins des moindres, les relations de cause à effets des budgets inscrits et attribués à chaque ministère.
Les évaluateurs ont constaté également que les documents produits ne reflètent aucunement ni l’impact ni les résultats d’un tel ou tel budget inscrit au titre d’un département donné. Dans cette première évaluation IBO, les récipiendaires ont surtout choisi de favoriser le secteur social.
L’évaluation a également constaté que les institutions, notamment les parlements, se cantonnent juste à faire un contrôle du volume du budget alloué sans faire un suivi des exécutions budgétaires qui subissent, pourtant très souvent, des modifications en cours de route.
L’atelier qui se déroule pendant deux jours à l’hôtel Colbert a pour objectif d’analyser tous ces lacunes et de veiller à produire des solutions palliatives dans la prochaine évaluation.