mai201719
Le Premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly et la Représentante de l'Union Africaine à Madagascar  Ahmed Youssouf Hawa ont coupé la gâteau marquant la Journée de l'Afrique 2017

Le Premier ministre Olivier Solonandrasana Mahafaly et la Représentante de l’Union Africaine à Madagascar Ahmed Youssouf Hawa ont coupé la gâteau marquant la Journée de l’Afrique 2017

Antananarivo, (19 mai (ANTA) : Allocution de M. le Premier Ministre, Chef du Gouvernement Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, MAHAFALY Sololandrasana

Olivier,  à l’occasion de la Célébration de la Journée de l’Afrique 2017

Madagascar, membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine se réjouit de commémorer avec vous aujourd’hui le 54ème anniversaire de notre organisation, devenue Union Africaine. Il me plait, à cette occasion, de porter le message de M. Le Président de la République de Madagascar, Monsieur Hery RAJAONARIMAMPIANINA, du Gouvernement et du peuple malagasy, quant à l’attachement et à l’intérêt que la Grande Ile porte à nos valeurs africaines communes incarnées par la vision d’une Afrique que nous voulons unie et forte.

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Cette année, la Journée Mondiale de l’Afrique est placée sous le thème « Tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ».

Ce thème revêt une signification toute particulière en ce qu’il place la jeunesse africaine au centre de nos préoccupations. Cela s’est fait à juste titre car, avec plus d’un milliard d’habitants dont 70% ont moins de 30 ans, l’Afrique doit pouvoir tirer profit de cet atout majeur que représentent les jeunes pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée dans son Agenda 2063.

Notre Organisation reconnaît le rôle moteur de la jeunesse africaine dans la transformation du continent en vue de fonder des sociétés plus dynamiques et sans exclusion. Elle nous renvoie, à cet effet, aux aspirations consignées dans notre agenda continental élaboré en 2013 alors que nous commémorions les cinquante années d’existence de notre organisation et que nous nous projetions dans les cinquante années à venir en tirant les leçons des défis du passé et des expériences des Nations Unies en termes d’objectifs de développement.

Rappelons-nous que dans le cadre d’un premier plan décennal, Ces aspirations traduites en engagements portent sur la construction d’une Afrique prospère, fondée sur une croissance inclusive et un développement durable. Ici, il est question de qualité de vie et de bien-être pour tous les citoyens.

Ces questions nous interpellent sur les problématiques de l’emploi, de l’éducation, de l’instruction et de la valorisation des compétences, de la pauvreté et de la famine, de la protection sociale, de logements décents et de services de base de qualité ou encore de diversification et de résilience de l’économie et de productivité agricole ; autant de domaines qui ont pour toile de fond l’attention à accorder  à notre jeunesse et à la création d’un environnement qui permette à nos jeunes de s’épanouir et de réaliser tout leur potentiel.

Toutes ces questions requièrent cependant, non seulement des engagements politiques mais également des investissements financiers.

C’est pourquoi, le Gouvernement malagasy, se joignant à la Présidente de l’Union Pan Africaine de la jeunesse, à l’occasion du 27ème Sommet de l’Union Africaine, tenue à Kigali, Rwanda, soutient l’appel en vue de la création d’un fonds africain pour le développement de la jeunesse. Ce fonds aura pour objectif de financer, par le biais de microcrédits, les initiatives des jeunes africains, en  promouvant l’entrepreneuriat, dans le secteur agricole et des nouvelles technologies, secteurs moteurs dans la réduction du taux de chômage.

Donnons, dès lors, à nos jeunes l’opportunité d’entreprendre librement et dans les meilleures conditions. Car c’est en donnant du travail aux jeunes et en appuyant leurs projets que nous pouvons contribuer à la résolution des problèmes d’insécurité, de toxicomanie, et partant, à la lutte contre la violence et l’extrémisme radical.

Je souhaitais m’attarder sur ce point car, ne nous voilons pas la face, le Gouvernement malagasy lui-même est confronté à la hausse du taux de chômage de jeunes de 15 à 24 ans passant de 2.9% en 2015 à 3.4% en 2016. Il entend, de ce fait, concentrer ses efforts sur cette problématique en élaborant une politique sectorielle de la jeunesse se conformant aux dispositions de la Charte africaine de la jeunesse signée par Madagascar le 31 janvier 2014 et dont la procédure de ratification est en cours dans la perspective de mettre en œuvre et d’internaliser l’Agenda 2063.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Il y a un second point sur lequel je me permettrais d’insister. Parler d’accès au travail n’occulte pas la nécessité pour l’Afrique d’offrir des formations plus adéquates aux besoins des Africains. L’accent doit être mis sur l’éducation et le renforcement des capacités de nos jeunes pour qu’ils puissent répondre aux exigences du marché du travail national, régional, continental et mondial. L’expérience nous montre que les pays qui réussissent les mieux sont ceux qui ont investi dans l’éducation de leur peuple ; aussi l’Afrique prospère que nous appelons de nos vœux se construira par des populations africaines éduquées. Nous reconnaissons tous que l’Afrique est un vivier de talents. Il nous importe, de ce fait, d’endiguer le fléau de la fuite de cerveaux même si nous nous réjouissons de la contribution indéniable de la diaspora africaine au développement de nos pays que ce soit en termes de financement ou de compétences. Aujourd’hui, nous attendons légitimement plus de nos frères et sœurs qui contribuent, au-delà de nos frontières, à bâtir des Nations prospères.

Les officiels rehaussant de leur présence la céremonie de la Journée de l'Afrique 2017

Les officiels rehaussant de leur présence la céremonie de la Journée de l’Afrique 2017

Je voudrais saluer ici l’adoption du programme relatif à l’harmonisation de l’enseignement supérieur en Afrique, sur la reconnaissance des diplômes, grades et autres titres d’enseignement supérieur dont l’objectif ultime est de permettre aux jeunes Africains de faire valoir leurs compétences à l’échelle continentale.

Je me félicite également de l’adoption  du Statut de l’Observatoire Africain pour la Science, la Technologie et l’Innovation (AOSTI) lors de la 26ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement, le 31 janvier 2016. Ce lieu de veille permettra aux Etats membres de l’Union Africaine de miser sur leurs capacités dans le numérique pour résoudre des défis économiques, sociaux, environnementaux et autres facteurs de développement et servira au renforcement des capacités nationales en matière de formulation, de mise en œuvre, d’évaluation et d’examen des politiques des TIC.

Sur ce, je forme le vœu que cette journée soit alors célébrée sur l’ensemble du continent comme une journée d’espoir pour cette jeunesse africaine.

Je vous remercie de votre attention.

Vive le partenariat entre Madagascar et l’Union Africaine !

Je vous remercie de votre aimable attention.