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Antananarivo, 26 septembre (ANTA) : L’initiative « la ceinture et la route », tirer du mot anglais « one belt, one road » est une vision chinoise née d’un besoin urgent de la Chine en matière de ressources et d’énergie après son réveil, 67 ans auparavant, entrainant une explosion socio-économique très développée.La Chine a pris conscience de sa fulgurante ascension que la prospérité n’est pas bénéfique que si elle est développée et partagée entre plusieurs pays. En gros, aucun pays ne peut se valoir vivre de ses seules et propres ressources ; il lui faut la participation des autres pays, d’où la vision, une route et une ceinture.
La Chine compte près de 1,4 milliard d’habitants qui fait d’elle la plus grande consommatrice d’énergie et de ressources au monde devançant les Etats Unis. De plus son économie et son industrie expriment des besoins énormes en quantité de matières premières et de matériaux. Cette configuration requiert alors de la Chine d’énormes potentialités partenariales et de renforcement de coopération avec d’autres pays susceptible de détenir des ressources pour subsister.
Grâce à une approche diplomatique digne d’un casse-tête chinois, elle a pu s’arrimer dans plusieurs pays à travers le monde avec finesse que l’ambassadeur de Madagascar en Chine Victor Sikonina l’a bien su illustrer « la Chine est le premier pays qui connait le plus grand nombre de représentation diplomatique au monde».
Modernisation de la route de la soie.
Même si dorénavant, la Chine est en surproduction d’énergie renouvelable, elle n’en n’est pas moins suffisante car elle ne possède pas de ressources pétrolifères. A la place elle dispose d’une vaste réserve de charbon dont l’utilisation est actuellement un peu controversée par l’ensemble de la communauté internationale à cause de son effet sur la santé et l’environnement.
Jadis, la route de la soie fut destinée à faire des échanges commerciaux des produits chinois aux autres produits existant dans le monde par le biais d’une longue route maritime de l’Orient en Occident en passant par l’Afrique. Désormais elle se fera à travers un vaste plan d’investissement et d’appui financier chinois dans les industries, les infrastructures, l’agriculture, le commerce, et le secteur social. En retour, la Chine recherche des ressources et de l’énergie dont elle a besoin dans les pays où elle a pu s’implanter.
Chine, la plus grande détentrice d’actif circulant.
Avec près de 50 ans de politique d’austérité, la Chine dispose actuellement de 3 000 milliards de dollars de réserve en devise mais également de la plus grande potentialité d’échanges commerciales mondiales. Ces échanges  lui procurent  annuellement près de 600 millions en monnaie chinoise.
La Chine exprime alors son besoin d’investir auprès des pays qui ont besoin d’investissement et d’une coopération à dimension continentale d’où l’idée de « one belt, one road », dont l’esprit et le concept reposent  sur trois grands piliers : consultation réciproque-engagement-partage des fruits.
Les pays convoités par la Chine dans son vaste chantier diplomatique et de coopération sont les pays africains qui répondent à cette formule de communier les intérêts dans un esprit de réciprocité.
Plusieurs  pays africains, dont Madagascar, ont alors exprimé leur attention de vouloir coopérer avec la Chine dans cet esprit.
Briser l’incompréhension sur l’initiative « une ceinture et une route »
L’initiative « une ceinture et une route »a été lancée en 2014. Préalablement, elle a été précédée par l’instauration de la coopération sino-africaine par le biais du premier Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC) en 2000 à Beijing.
A l’issue de la sixième FOCAC, à Johannesburg dernièrement, la Chine et ses partenaires africains ont conclus que 60 milliards de dollars seront investis en Afrique dans le cadre de « one belt, one ceinture ».
Dans la pratique, la Chine a besoin d’assainir et de préparer préalablement les esprits sur les différents aprioris dans le but d’instaurer entre elle et ces pays une véritable confiance mutuelle, garantie d’une coopération pérenne, « la Chine n’est pas dangereuse ni à craindre, (…) aucun des investissements ne se fait au détriment des droits humains et de l’environnement  (…) l’histoire a démontré que les chinois peuvent facilement intégrer la communauté en respectant les cultures et les coutumes locales »
Coopération Chine-Madagascar.
La colloque du 26 septembre au Carlton d’ Anosy sur la coopération sino-africaine, précédée de la China Exhibition la semaine dernière, ainsi que la tenue de plusieurs évènements d’échange culturel depuis quelques temps déjà, ont pour objectif principal de faire des échanges et d’éclairer les autorités sino-malagasy concernant les tenants et aboutissants de l’initiative.
Le colloque a été marqué de plusieurs thématiques  très élaborés  sur les éventuels avantages d’intégrer l’initiative en terme d’investissement, de coopération et d’échanges commerciales (infrastructures, aides humanitaires, appuis financier socio-culturel, aide d’urgence, commerces, …) établis  successivement par le conseiller Economique et Commercial auprès de l’Ambassade de Chine Hang Shaomin et de l’Ambassadeur de Madagascar en République Populaire de la Chine, non moins expert en question africaine auprès de Ministère des Affaires Etrangères, Victor Sikonina.
Chen Xiaolei, premier conseiller de l’Ambassade de la Chine en matière des Initiatives « ceinture et la route » a montré  les potentialités de Madagascar grâce  à sa position géostratégique par rapport à la route maritime qui relie le pacifique à l’atlantique.
Une position qui procure à la Grande île une grande capacité logistique et d’approvisionnement pour les flux maritimes puisque, le passage dans l’hémisphère sud étant incontournable de l’Orient à l’Occident. Madagascar servira de pont à travers ces continents.
Toutefois, Chen Xiaolei de préciser que rien n’est pas forcement acquis sans une bonne préparation, « l’initiative est réservée à ceux qui s’y sont préparés ». Victor Sikonina d’ajouter que le rôle et la place de l’Administration sont prépondérante pour le futur de Madagascar.
Il incombe alors à l’ENAM, au titre de participant intellectuel, d’élaborer un plan de réforme de l’Administration afin que Madagascar puisse œuvrer convenablement dans l’initiative. Sans détour, Victor Sikonina de dénoncer les pratiques de contingentements « fini le système de quotas qui constitue une dérive vers la médiocrité ».