août201710
Un responsable au sein de l’Handicap International indiquant le résumé des résultats de l’étude psycho social

Un responsable au sein de l’Handicap International indiquant le résumé des résultats de l’étude psycho social

Antananarivo, 10 août (ANTA) : « Quartiers d’avenir : de la détention à la réinsertion », tel est le projet mis en œuvre par Handicap International depuis l’année 2014, financé par l’Agence Française du développement (AFD), et qui a pour objectif de rendre plus viable  les conditions de vie en milieu carcéral malagasy au sein de cinq prisons de Madagascar. Un atelier final de restitution du résultat des études sur les impacts du projet a eu lieu le 08 août au Motel d’Anosy.
Le projet a été impulsé par le Ministère de la Justice et vise à appuyer l’Administration Pénitentiaire à mener une véritable réforme de la gestion et de l’organisation de la détention des prisonniers et rendre plus humain les conditions de vie carcérale.
Soutien moral et psychologique malgré l’environnement précaire des prisons.
En amont, il s’agit de soutenir principalement les détenus mais également les pénitenciers dans l’accomplissement de leur travail quotidien en prison. Le but est de faire un soutien psychologique, affectif, moral et veiller à ce que l’accès aux services de base (santé, hygiène, divers formes de loisirs) dans les prisons soit meilleur.
Le soutien psychologique à pour objectif de faire comprendre aux détenus que la vie ne doit pas forcement s’arrêter quand on est en prison. Le projet vise à nourrir de l’espoir à ceux qui subissent la détresse en milieu carcéral ; facteur important pour leur réhabilitation et leur réinsertion.
Quelques aspects psychosociaux illustrant la détresse.
En gros, les agents de soutien psychologique ont pour rôle de détecter les signes éventuels de détresse psychologique auprès des prisonniers et de les soutenir en fonction.
Les principaux signes de détresse enregistrés durant le projet sont, selon Ravelojaona Vohangy Responsable au sein d’Handicap International et Chef du Projet: le découragement, la fatigue, la peur, l’insomnie, l’état dépressif au réveil, la tristesse, l’envie de ne rien faire, l’envie de mourir et la tentative de mourir.
Parmi les résultats conséquents obtenus durant le projet figure l’amoindrissement des actes de violences et de brutalité ou bien toutes formes de maltraitances perpétrés  aux prisonniers, soit par leur codétenu, soit par les pénitenciers selon Rajaonary Anja, Chef de Service de Réinsertion Sociale au sein du Ministère de la Justice.
La suite après la fin du projet d’appui de Handicap International
Le Directeur de l’Humanisation de la Détention et de la Préparation à la Réinsertion Sociale (DHDPRS), Rakotomalala Aina Tantely a souligné que le Ministère de la Justice et l’Administration Pénitentiaire se sont déjà préparés quant à la poursuite des actions à la fin du projet.
Quelques programmes seront alors poursuivis avec les ressources personnelle de l’Administration, d’autres seront peut-être remplacés, mais éventuellement, le Ministère de la Justice prévoit déjà de travailler avec d’autres partenaires.
Quelques résultats positifs.
A l’issue des études, il en est ressorti que : le taux de prévention de la détresse psychologique a considérablement baissé depuis la mise en place du projet.
Au titre de bilan sur ce plan : 8196 nouveaux détenus ont reçu une information sur la vie quotidienne de la prison, leurs droits et devoirs en prison. Près de 93% des détenus ont été sensibilisés aux droits fondamentaux. 2796 personnes détenues ont été appuyées à formuler une demande de liberté anticipée. 2062 ont été alphabétisés.
Des entretiens individuels effectués par des agents chargés de réinsertion en vue d’un accompagnement psychosocial personnalisé ont été effectués régulièrement.
2409 détenus ont participé à des groupes de parole pour la prise en charge de la détresse psychologique et 614 ont reçu une formation professionnelle adaptée à leur besoins et leur projet de vie. 1126 personnes détenues sont aidées à leur retour à domicile.
Le projet ne s’arrête pas seulement à l’assistance psychosociale. Il vise également à mettre en place, avec quatre associations locales partenaires, des dispositifs de consolidation. Ainsi, 27 éducateurs spécialisés, encadreurs, agents de l’Administration pénitentiaire ont été formés au modèle d’intervention psychosociale.
148 élèves de l’Ecole d’Administration Pénitentiaire ont été sensibilisés en 2015 sur l’humanisation de la détention et la préparation à la réinsertion sociale afin de faciliter la reproduction des actions menées et appuyer la Direction de l’Humanisation de la Détention et de la Préparation à la Réinsertion Sociale (DHDPRS).

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