oct201705

Antananarivo, 05 octobre (ANTA) : En 2005, le pays a procédé à la réforme de la gestion des finances publiques par le passage du budget des moyens au budget de programme. Il est indéniable que les espaces budgétaires de l’Etat sont très limités avec un poids important des ressources externes. L’arbitrage des dépenses sociales et les investissements publics n’a jamais été facile.Bien que l’Allemagne soit un pays en plein essor avec un budget vingt fois plus important, certains Etats dont Berlin et Brême ont partagé une similitude sur l’équilibre budgétaire il y a un temps avec Madagascar.
La Fondation Friedrich-Ebert à Madagascar a organisé, hier, un conférence-débat au Café de la Gare Soarano conviant l’ancien Ministre des Finances des Etats de Berlin et de Brême en 2009, le Docteur Ulrich Nußbaum, le Professeur Mamy Ravelomanana, Enseignant-chercheur à l’Université d’Antananarivo et Régis Rakotomanana de la Direction Générale du Budget au sein du Ministère des Finances et du Budget.
« Berlin était en 2009 l’Etat le plus endetté d’Allemagne avec 63 milliards d’Euros », a exposé le Docteur Ulrich Nußbaum. Plusieurs réformes ont dû être appliquées pour rétablir l’équilibre budgétaire.
Un numéro d’équilibriste
Des choix relativement difficiles à prendre car il faudrait mettre un accent sur les impôts. « Si vous coupez les dépenses, vous coupez l’avenir des gens », a-t-il noté. Les circonstances ne laissent pas choisir.
Parmi ces réformes figurent la taxe sur les mutations immobilières et la taxe professionnelle qui rapporte beaucoup aux communes. « En limitant la hausse annuelle des dépenses, on diminuera les déficits et si on arrivait à faire de Berlin plus attractif, la pénétration financière connaîtra une croissance considérable », continua cet ancien ministre allemand des finances.
« J’ai réussi le défi en mettant un surplus dans le budget public, des réserves étatiques pour les périodes difficiles. Sans ce plan d’action, les dettes auront atteint 70 milliards d’Euros ». A bien des égards, la crise financière depuis 2008 a soulagé le budget.
En 2020, l’Etat de Berlin a décidé d’appliquer le frein à l’endettement. Plus aucun crédit ne sera autorisé.
Malgré cet exploit, l’ancien ministre allemand a avoué que de nombreuses infrastructures n’ont pas été réalisées par contre. Cela ne se voit pas tout de suite mais un jour il faut le faire.
« Si vous expliquez correctement aux gens, ils comprendront », a conseillé le Docteur Ulrich Nußbaum.
Ce ministre des Finances en est arrivé jusqu’à diminuer de 7% en dessous de la moyenne fédérale le salaire des fonctionnaires. Il avait jugé que les dépenses de personnel sont trop élevées. Pour garder leur travail ils ont dû en toucher moins. « J’étais le politicien le plus respecté dans les sondages publics », s’est-il félicité.
Investir dans l’infrastructure
Le Professeur Mamy Ravelomanana a rejoint les affirmations du Docteur Ulrich Nußbaum. Selon lui, le débat se trouve dans les dépenses de fonctionnement.
La prolifération du secteur informel n’arrange pas du tout le cas de Madagascar avec l’un des plus bas taux de pression fiscale. Par contre, si on pratique l’austérité budgétaire sans distinction, plus d’activités disparaitront.
Ce Professeur d’ajouter que l’Etat devrait miser sur les dépenses d’investissement public. Ils permettent de réduire les charges que les entrepreneurs devront supporter. Il s’agira de tirer l’économie par le secteur privé. Il juge que les investissements dans la santé et l’éducation sont à long terme et sont plutôt politiques.
Les choix sont délicats pour Madagascar, avec un budget si faible, il n’y a pas grand-chose à faire. Dans son intervention, le représentant de la Direction Générale du Budget Régis Rakotomanana a rapporté que les investissements publics sont de 800 à 900 milliards d’Ariary par an. Par transparence, toutes les informations sur le budget sont consultables sur le site dgbudget.mg.
Pour ce Professeur, le développement basé sur l’agriculture ne suffit plus. Il recommande une industrialisation par une production et une consommation de masse.