EDDY WILLIAM RAMANIRABAHOAKA : POUR LA CRÉATION DE FONDS DE DIASPORA MALAGASY

Antananarivo, 12  mars 2019 (ANTA) : Madagascar pourrait collecter  de la part de la diaspora malagasy éparpillée dans le monde près de vingt millions de dollars par an, selon un membre de la diaspora malagasy en France Eddy William Ramanirabahoaka, lors d’un point de presse  qu’il a tenu ce 12  mars 2019 à Antaninarenina Antananarivo.

200 000 malagasy vivent actuellement à l’étranger selon l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Si l’on pourrait convaincre un membre de la diaspora sur dix d’investir 1000 dollars à Madagascar, notre pays collecterait ainsi vingt millions de dollars par an pour financer le développement (1000 dollars x 20 000 diasporas), a indiqué Eddy Ramanirabahoaka.

Et lui d’ajouter, rien qu’en France où on a comptabilisé le plus grand effectif de diaspora malagasy avec près de 150 000 membres, Madagascar pourrait encaisser quinze millions de dollars par an si on suivra cette démarche.

Pour y parvenir, Eddy Ramanirabahoaka a lancé une proposition de création de Fonds de Diaspora Malagasy. Il a sollicité tous les membres de diaspora malagasy de faire un regroupement au sein de leur pays d’accueil pour étudier la faisabilité de la création de ce Fonds. Le contact avec la Direction de la Diaspora au sein du ministère des Affaires Etrangères de la République  de Madagascar créée en février en 2016 s’avère nécessaire.

A noter qu’en Ethiopie, un des pays émergeants de l’Afrique, les envois de fonds jouent un rôle essentiel pour soutenir la balance des paiements. Alors que l’économie manque de devises, le gouvernement a mis en place des outils afin de faciliter les transactions financières transnationales, dont l’ambitieux « Diaspora Trust Fund » lancé par le Premier ministre Abiy Ahmed en juillet 2018.

En outre, selon la Banque mondiale, le Nigéria arrive en tête des pays d’Afrique ayant reçu le plus de fonds de leur diaspora en 2017 avec 22 milliards de dollars, suivi de l’Egypte (20 milliards) et du Maroc (7,5 milliards). Le Ghana et le Sénégal ferment ce peloton avec 2,2 milliards chacun.

En termes de part du produit intérieur brut, le Liberia domine le classement avec 27% de son PIB issu de sa diaspora. Pour les Comores et la Gambie, ces transferts constituent 21% de leur PIB, 15% pour le Lesotho et 14% pour le Sénégal.

Ces transferts de fonds sont cependant principalement utilisés pour subvenir aux besoins de  vie courante et aux problèmes quotidiens. Ainsi, selon la Banque mondiale, les deux tiers servent à l’achat de biens de consommation,, souvent alimentaires, et au paiement des frais de scolarité et de santé.

Cette source de financement n’entre donc pas dans le cadre d’investissements productifs tels que la construction d’écoles et autres infrastructures et ne contribue dès lors pas vraiment à la création des richesses.

D’où la nécessité de création de ce Fonds de Diaspora Malagasy pour la construction des infrastructures à plus de valeur ajoutée à Madagascar.

Ainsi, Eddy William Ramanirabahoaka lance un appel à la solidarité de tous les membres de la diaspora malagasy dans le monde entier  pour la création de ce fonds tout en prônant l’intérêt supérieur de la nation.

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