oct201705

Antananarivo, 05 octobre (ANTA) : L’objectif 17.1 des Objectifs du Développement Durable (ODD) soulignant l’importance de la mobilisation des recettes propres par les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) restent un grand défi pour plusieurs pays francophones d’Afrique Subsaharienne dont Madagascar.Afin de mieux comprendre les responsabilités de chaque responsable et gérer les ressources financières de façon responsable, un Colloque international sur les finances locales dans les pays d’Afrique francophone subsaharienne se tient jusqu’au 06 octobre 2017 à l’Hôtel Carlton Anosy.
Dans sa présentation de ce jour, le Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana, non moins Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, a effectué un état des lieux, des réformes, des contraintes et des bonnes pratiques à Madagascar.
Tous les dirigeants successifs du pays ont été conscients du pouvoir de la décentralisation dans la lutte contre la pauvreté. Dès son arrivée au pouvoir, le Président Hery Rajaonarimampianina renouveler le concept des CTD en introduisant le développement local comme finalité. Il permet d’assurer le renforcement de capacité et de réaliser les projets structurants.
Un réel paradoxe
Il n’est plus à débattre que les ressources publiques sont très faibles en partie due à l’obstacle à la mobilisation fiscale mais aussi à la prolifération du secteur informel. Entre 2007 et 2010, la part des ressources propres locales est 0,4% du Produit Intérieur Brut (PIB) s’il atteint 12% en France. Et Seulement 3% des dépenses de l’Etat sont alloué au CTD.
Plusieurs réformes ont déjà été appliquées à cet effet par l’Etat à savoir l’amélioration des recettes fiscales et une réduction des dépenses publiques et la mobilisation des ressources de financement externe. Il est à noter que le taux de croissance de Madagascar est de 4,2% pour 2017, un taux largement supérieur à la plupart des pays en voie de développement.
« Toutes les communes ont reçu des subventions de fonctionnement et les tutelles administrative et financière ont été supprimées au profit des contrôles à postériori », a souligné le Premier ministre. Cependant, même la plus belle fille du monde ne peut donner ce qu’elle n’a pas.
Il est toutefois regrettable de savoir que toutes les communes reçoivent une part égale de l’Etat quel que soit sa population. Il est également difficile pour les communes d’accéder à la part qu’il doit leur revenir.
Un principe de redevabilité
Selon le Président Hery Rajaonarimampianina, l’autonomie n’est pas la plus importante mais c’est l’insuffisance des ressources qui fait défaut. Il est pensable de dire que la problématique relève du taux de pression fiscale, le moins élevé d’Afrique.
Les finances locales sont une question d’appréciation. Il y a quelques temps, on ne faisait pas encore confiance aux CTD en leur capacité.
« Du temps où j’étais encore ministre des Finances et du Budget, j’ai remarqué d’importantes ristournes au niveau des communes. Je leur ai demandé de me faire parvenir un budget d’utilisation des ristournes. J’étais estomaqué. 90% du budget sont des dépenses d’investissement. Une commune avait trois 4×4 V8. J’ai tout de suite refusé », s’est exprimé le Chef d’Etat.
Le Président d’ajouter qu’il faut se tourner vers le développement avec un ratio de 70 %ou même 65 % pour les dépenses d’investissement et diminuer jusqu’à 30 % ou 35% les dépenses de fonctionnement. Les aptitudes des CTD dépendent de leur capacité à recouvrer et leur faculté à gérer les ressources.
A titre d’exemple, sans citer le nom de la Commune, il a noté qu’un maire nouvellement élu amène sa propre équipe augmentant ainsi le nombre de personnel. Cette commune recense jusqu’à 1 000 employés.
Cependant, le Président de la République Hery Rajaonarimampianina se montre très positif pour la réussite de ce colloque où sont conviés maires, chefs de district et de région, responsables étatiques et autres acteurs-clés.
Ce colloque sera marqué par sa richesse thématique allant des modèles et réformes des finances locales à la responsabilité des citoyens dans la réalisation des investissements communaux. Il a été possible grâce à la coopération germano-malgache.

Cette rencontre encourage les partages d’expériences probantes dans différents pays d’Afrique. La volonté politique est là, reste à savoir mobiliser les finances locales.

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